Le premier ministre devait s'exprimer sur l'Europe, mardi 2 octobre. L'exercice
est attendu tant l'Europe a été absente des campagnes présidentielle et
législative. Dépassant la modestie qui nous caractérise, nous avons décidé
d'écrire le discours non autorisé de François Hollande .
Chers compatriotes,
Dans la crise que nous traversons, les conservatismes institutionnels,
industriels ou culturels, les rentes et les privilèges, les chantages à l'emploi ou à
l'abandon de souveraineté, mais aussi les habitudes de chacun d'entre nous,
pèsent plus lourdement que les perspectives de changement, les dynamiques
économico-écologiques nouvelles, les constructions démocratiques et sociales
innovantes. Quand une partie de la population est durement frappée, quand la
majorité se sent vulnérable et en perte de repères, quand l'avenir apparaît
menaçant, le passé est embelli, le repli sur l'entre-soi rassure, le souverainisme
soulage, l'ouverture fait peur. Alors l'Europe s'éloigne. Les populismes de droite
et de gauche s'engouffrent dans la brèche et trouvent en l'Europe un bouc
émissaire facile.
Notre responsabilité est lourde. L'Europe est ce que ses dirigeants en font mais
elle doit surtout devenir ce que ses citoyens en veulent : ambitieuse dans son
projet de société émancipateur, politique pour consolider la paix, protectrice des
droits fondamentaux, solidaire avec les peuples du Sud, équitable avec ses
fonds structurels et ses politiques sectorielles, comme la politique agricole commune.
Moi, président, je vous dois la vérité. La France est une grande nation. Mais son
droit de veto au Conseil de sécurité ne doit pas nous duper . Elle ne pèsera à
l'avenir sur les affaires du monde qu'à travers l'Europe.
Si la France conserve de solides marges de manoeuvre, l'Europe est la bonne
échelle pour apporter des réponses efficaces à la spéculation financière, à la
concurrence et à l'évasion fiscale, à la désindustrialisation et à la régression
sociale, comme au dérèglement climatique, à la raréfaction des ressources ou
à la dégradation de la biodiversité. Elle est notre horizon démocratique
puisqu'elle peut nous donner , si nous le souhaitons, la capacité d'agir
collectivement sur le réel, au service de l'intérêt général et de chaque citoyen.
Moi, président, je veux dessiner un projet pour l'Europe, convaincre qu'il existe
un chemin. Moi, président, je porterai le projet d'une Europe parlementaire, dont
la Commission sera issue des élections européennes et deviendra pleinement
comptable devant le Parlement européen et le Conseil. Dans l'immédiat, je
proposerai à mes collègues que le prochain président de la Commission soit
l'une des têtes de listes européennes aux élections de 2014.
Moi, président, je défendrai une souveraineté économique partagée entre le
Parlement européen et les Parlements nationaux afin que les citoyens soient
pleinement représentés dans les choix économiques et budgétaires. Dans
l'immédiat, je demanderai au premier ministre de présenter devant l'Assemblée
nationale et le Sénat les positions défendues par la France avant chaque
conseil européen.
Moi, président, je proposerai de remplacer le pacte de stabilité par un pacte de
soutenabilité hissant la convergence environnementale et sociale au même rang
que la convergence économique, budgétaire et fiscale. Dans l'immédiat, je
soutiendrai l'initiative d'un fonds social européen d'assurance chômage pour les
pays en difficulté.
Moi, président, je défendrai un meilleur équilibre entre la nécessaire discipline
budgétaire et les indispensables investissements économiques. Dans
l'immédiat, je soutiendrai la proposition du président du conseil italien, Mario
Monti , d'exclure les investissements d'avenir du calcul des déficits structurels.
Moi, président, je me battrai pour l'harmonisation fiscale à l'échelle de l'Union.
La concurrence fiscale interne est le pire ennemi d'un modèle social européen.
Je proposerai une convergence des taux d'imposition sur les société s, avec un
minimum européen de 20 %, dont 5 % directement reversés au budget
européen.
Moi, président, je défendrai la perspective d'un véritable budget communautaire,
allant vers 5 % du PIB européen à l'horizon 2025, qui nous donnera les moyens
d'une solidarité forte entre les territoires et les citoyens et permettra d'engager
une transition écologique rapide de notre économie. Dès 2013, je défendrai une
augmentation très substantielle des ressources propres de l'Union : une taxe
sur les transactions financières et une taxe carbone aux frontières devront être
instaurées.
Moi, président, la lutte contre le dérèglement climatique, la préservation des
ressources naturelles et la réduction des pollutions deviendront des priorités
européennes. Ce sont de puissants leviers pour la compétitivité de l'économie.
Moi, président, je proposerai la création d'une Communauté européenne de
l'énergie. Dans l'immédiat, je ferai de la lutte contre la précarité énergétique
dans les logements et les transports la priorité de la relance économique
européenne.
Moi, président, je soutiendrai une réforme de la politique agricole commune et
de la politique commune de la pêche favorisant les pratiques durables, l'emploi,
la préservation des ressources, la solidarité et la qualité des aliments. Dans
l'immédiat, je mettrai la France en conformité avec les directives européennes,
dont celle sur l'eau, et je favoriserai l'adoption d'une directive cadre sur les sols.
Moi, président, je défendrai la mise en place rapide d'une politique industrielle
commune privilégiant les biens, les services et les processus de production
durables. Dans l'immédiat, je proposerai de qualifier l'accès au marché
européen selon des critères sociaux et environnementaux et d'introduire la
préférence géographique dans les marchés publics afin de favoriser
l'émergence des PME sur les territoires.
Moi, président, je défendrai la naissance d'une politique européenne de défense
, mettant en commun nos outils et nos moyens. Dans l'immédiat, je proposerai
de rallier l'initiative de Barack Obama d'un désarmement nucléaire multilatéral.
Chers compatriotes, la voie européenne est étroite. J'en connais les difficultés et les contraintes, mais je sais qu'il n'y en a pas d'autres. Trop longtemps, l'Europe s'est faite sans vous. Avant et après chaque sommet, je viendrai présenter devant vous les positions que j'y défendrai et les résultats obtenus. L'Europe, c'est maintenant !
José Bové, Daniel Cohn-Bendit, députés européens (Groupe des Verts)
publié dans le Monde du 02/10/12
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mardi 2 octobre 2012
dimanche 30 octobre 2011
Climat > Le réchauffement est réel, même les sceptiques l'admettent! SOURCE OUEST FRANCE
http://globservateur.blogs.ouest-france.fr/archive/2011/10/29/climat-le-rechauffement-est-reel-meme-les-sceptiques-l-admet.html
L'information, la semaine dernière, est passée un peu inaperçue en France. Mais c'est une petite révolution dans la bataille --assez féroce-- entre les tenants du réchauffement climatique, très majoritaires, et les sceptiques pour qui tout cela est foutaise, peur millénariste, voire même complot international. (Photo Reuters : le lac Poyang en Chine)
La semaine dernière donc le Berkeley Earth Project (BEP) a livré des conclusions très attendues. Ce groupe de chercheurs prestigieux, regroupés autour du physicien Richard Muller (capture YouTube) , a passé en revue toutes les données accumulées depuis des années par la communauté scientifique.
Le BEP les a enrichies de nouvelles données. Et il les a confrontées aux analyses des climatosceptiques, qui arguent que les relevés de températures (à la hausse) n'impliquent en rien un réchauffement global : certains affirment même que l'on est depuis 1998 dans un cycle de refroidissement! Ils balaient les mesures qui indiquent que 2005 et 2010 ont été les deux années les plus chaudes depuis que les relevés existent (1880), affirmant que celles-ci sont fausses, les stations météo étant majoritairement situées à proximité des grandes villes, qui constitueraient des îlots de chaleur...
Richard Muller, qui fait figure de climatosceptique raisonnable, prétendait s'ériger en juge de paix, en prenant un échantillon plus large : 40 000 stations météo autour de la planète, dont les données sont disponibles sous forme numérique.
Mais l'arrière-pensée semblait assez évidente - discréditer la théorie du réchauffement - puisque l'équipe Muller est financée, entre autres, par la Fondation Charles G. Koch. Cela ne vous dit rien? Les frères Koch, originaires de l'Arkansas, sont des milliardaires de l'industrie pétrolière, opposés à toute règlementation et qui tentent de saper le gouvernement fédéral à travers le mouvement Tea Party.
A l'arrivée pourtant, Muller conclut exactement le contraire: le réchauffement est une réalité.
Le groupe de Berkeley arrive quasiment aux mêmes conclusions que la Nasa, que l'Institut océanographique américain (Noaa), que l'université britannique d'East Anglia ou la météo anglaise. A savoir que la température de l'atmosphère terrestre a augmenté d'1° celsius depuis 1950.
"Notre plus grande surprise est que les nouveaux résultats sont extrêmement proches des données publiées précédemment par d'autres équipes aux Etats-Unis et en Grande Bretagne (...) Cela confirme que ces études avaient été conduites soigneusement et que les a prioris pointés par les climatosceptiques n'avaient pas sérieusement influé sur les résultats", écrit le chercheur californien.
Cela n'épuise pas définitivement le débat, puisque Muller invite la communauté scientifique à jeter un regard critique sur les résultats publiés, sur son site, par le groupe de Berkeley. Après les relevés atmosphériques, le BEP va d'ailleurs se livrer à un exercice comparable avec la température des océans.
Les climatosceptiques et le puissant lobby du pétrole et du charbon, qui se cache derrière eux, vont-ils rendre les armes? Certainement pas : ils vont déplacer le débat, et clamer que si réchauffement il y a, les émissions de gaz a effet de serre (autrement dit, l'activité humaine) n'en sont pas la cause -- Richard Muller, sans être catégorique, pense désormais plutôt le contraire.
La machine à propagande est déjà en route.
Alors qu'approche la présidentielle américaine de 2012, l'industrie du pétrole et du charbon pèse déjà de tout son poids sur le Parti républicain, qu'elle tient par les cordons de la bourse. Et cela marche : on a vu, cette semaine, le favori de la primaire républicaine, Mitt Romney, retourner complètement sa veste.
Le 3 juin dernier, lors d'une réunion publique dans le New Hampshire, Romney affirmait "croire que la planète se réchauffe" et "croire que l'homme y contribue".
Ce jeudi, changement de pied total: "Mon opinion est que nous ne savons pas ce qui cause le changement climatique sur cette planète. Et que dépenser des trillions et des trillions de dollars pour réduire les émissions de CO2 n'est pas la bonne chose à faire".
Climat > Le réchauffement est réel, même les sceptiques l'admettent!
Le BEP les a enrichies de nouvelles données. Et il les a confrontées aux analyses des climatosceptiques, qui arguent que les relevés de températures (à la hausse) n'impliquent en rien un réchauffement global : certains affirment même que l'on est depuis 1998 dans un cycle de refroidissement! Ils balaient les mesures qui indiquent que 2005 et 2010 ont été les deux années les plus chaudes depuis que les relevés existent (1880), affirmant que celles-ci sont fausses, les stations météo étant majoritairement situées à proximité des grandes villes, qui constitueraient des îlots de chaleur...
Richard Muller, qui fait figure de climatosceptique raisonnable, prétendait s'ériger en juge de paix, en prenant un échantillon plus large : 40 000 stations météo autour de la planète, dont les données sont disponibles sous forme numérique.
Mais l'arrière-pensée semblait assez évidente - discréditer la théorie du réchauffement - puisque l'équipe Muller est financée, entre autres, par la Fondation Charles G. Koch. Cela ne vous dit rien? Les frères Koch, originaires de l'Arkansas, sont des milliardaires de l'industrie pétrolière, opposés à toute règlementation et qui tentent de saper le gouvernement fédéral à travers le mouvement Tea Party.
A l'arrivée pourtant, Muller conclut exactement le contraire: le réchauffement est une réalité.
Le groupe de Berkeley arrive quasiment aux mêmes conclusions que la Nasa, que l'Institut océanographique américain (Noaa), que l'université britannique d'East Anglia ou la météo anglaise. A savoir que la température de l'atmosphère terrestre a augmenté d'1° celsius depuis 1950.
"Notre plus grande surprise est que les nouveaux résultats sont extrêmement proches des données publiées précédemment par d'autres équipes aux Etats-Unis et en Grande Bretagne (...) Cela confirme que ces études avaient été conduites soigneusement et que les a prioris pointés par les climatosceptiques n'avaient pas sérieusement influé sur les résultats", écrit le chercheur californien.
Les climatosceptiques et le puissant lobby du pétrole et du charbon, qui se cache derrière eux, vont-ils rendre les armes? Certainement pas : ils vont déplacer le débat, et clamer que si réchauffement il y a, les émissions de gaz a effet de serre (autrement dit, l'activité humaine) n'en sont pas la cause -- Richard Muller, sans être catégorique, pense désormais plutôt le contraire.
La machine à propagande est déjà en route.
Alors qu'approche la présidentielle américaine de 2012, l'industrie du pétrole et du charbon pèse déjà de tout son poids sur le Parti républicain, qu'elle tient par les cordons de la bourse. Et cela marche : on a vu, cette semaine, le favori de la primaire républicaine, Mitt Romney, retourner complètement sa veste.
Le 3 juin dernier, lors d'une réunion publique dans le New Hampshire, Romney affirmait "croire que la planète se réchauffe" et "croire que l'homme y contribue".
Ce jeudi, changement de pied total: "Mon opinion est que nous ne savons pas ce qui cause le changement climatique sur cette planète. Et que dépenser des trillions et des trillions de dollars pour réduire les émissions de CO2 n'est pas la bonne chose à faire".
jeudi 20 octobre 2011
COMMENT RENTABILISER UN AEROPORT
Pour rentabiliser l'aéroport de Vatry construit à grand renfort de subvention publique, les élus de la Marne déroulent le tapis rouge aux importateurs chinois de matériels électronique qui vont ouvrir un pont aérien entre la Chine et Vatry.
On comprend aussi mieux pourquoi la Chine fait pression pour empêcher le projet européen de faire payer aux compagnies étrangères leurs émissions de CO2.
Même Dominique Seux, un chroniqueur du journal économique Les Echos peu suspect d'amitiés écologistes ou décroissancistes, s'en émeut (cf fichier joint):
- "Je vais raconter une histoire qui paraît anecdotique en pleine crise financière, mais qui ne l’est pas. (...) D’un côté, on s’inquiète des délocalisations et de la déferlante du made in China ; de l’autre, on ouvre les bras et les frontières aux produits chinois."
- "Un vrai pont aérien. Bien sûr, chaque jour, des bateaux, des avions déchargent des produits chinois en France ; mais ce qui est neuf, c’est le volume et l’aide de collectivités publiques pour sauver un aéroport."
Comme pour Notre-Dame-des-Landes et pour certains projets de transport du Grand Paris, il faut éviter que l'investissement se fasse parce qu'après c'est le début d'une spirale infernale pour les rentabiliser.
Voir le blog
http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/un-pont-aerien-chinois-a7181.html
extrait des échos
On comprend aussi mieux pourquoi la Chine fait pression pour empêcher le projet européen de faire payer aux compagnies étrangères leurs émissions de CO2.
Même Dominique Seux, un chroniqueur du journal économique Les Echos peu suspect d'amitiés écologistes ou décroissancistes, s'en émeut (cf fichier joint):
- "Je vais raconter une histoire qui paraît anecdotique en pleine crise financière, mais qui ne l’est pas. (...) D’un côté, on s’inquiète des délocalisations et de la déferlante du made in China ; de l’autre, on ouvre les bras et les frontières aux produits chinois."
- "Un vrai pont aérien. Bien sûr, chaque jour, des bateaux, des avions déchargent des produits chinois en France ; mais ce qui est neuf, c’est le volume et l’aide de collectivités publiques pour sauver un aéroport."
Comme pour Notre-Dame-des-Landes et pour certains projets de transport du Grand Paris, il faut éviter que l'investissement se fasse parce qu'après c'est le début d'une spirale infernale pour les rentabiliser.
Voir le blog
http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/un-pont-aerien-chinois-a7181.html
extrait des échos
20/10/2011 | 07:00 | Dominique Charton
A partir de mars 2012, la compagnie aérienne chinoise Yangstze River Express effectuera trois rotations hebdomadaires entre Shanghai, Chengdu et l'aéroport marnais afin de livrer entre 20.000 et 25.000 tonnes par an de matériel électronique pour le marché européen.
L'accord signé lundi soir dans un hôtel du gouvernement chinois à Chengdu (capitale du Sichuan) entre René-Paul Savary, président (UMP) du Conseil général de la Marne, propriétaire de l'aéroport de Vatry, Gilles Darriau, directeur général de la Société d'Exploitation Vatry Europort (Seve), Jean-Paul Bachy, président PS du Conseil régional Champagne-Ardenne, les autorités politiques chinoises et les représentants de la compagnie Yangstze River Express, filiale du groupe Hainan Airlines, apporte une bouffée d'oxygène à l'équipement marnais. L'aéroport est en effet confronté à une sévère baisse de son activité fret : 40.000 tonnes transportées en 2007, 21.000 tonnes en 2009, 10.000 tonnes estimées pour la fin de 2011.mercredi 16 mars 2011
Je suis en colère mensonges sur le nucléaire
Je suis en colère parce que l'accident de Tchernobyl n'a pas servi de leçon. Et que l'on continue à entendre et lire les mêmes mensonges sur le nucléaire dans les médias.
Je suis en colère quand j'entends à la radio, un haut responsable du nucléaire français nous dire qu'on ne peut remettre en cause le nucléaire : "personne n'a envie de revenir à la bougie". Que je sache, dans les pays européens qui n'ont pas de centrales nucléaires (Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Portugal…), y-en-t-il où l'on s'éclaire à la bougie ? Il n'y a que 441 réacteurs nucléaires dans le monde (dont 58 en France, 55 au Japon)… dans seulement 31 pays, tous les autres pays s'en passent.
Je suis en colère quand en 1979, après l'accident nucléaire de Three-Mile Island, on nous a dit que c'était parce que les Américains étaient moins forts que nous ; quand en 1986, après l'accident de Tchernobyl, on nous a dit que les Russes étaient moins fort que nous… et que je lis aujourd'hui que les Japonais sont moins forts que nous… De qui se moque-t-on ?
Je suis en colère quand on me dit que l'on peut continuer à exploiter encore des vieux réacteurs comme Fessenheim en Alsace (qui a trente ans) parce que "plus il est vieux, mieux on connait un réacteur". Ce n'est pas parce que vous connaissez bien les défauts de votre vieille voiture qu'elle tombe moins souvent en panne et moins gravement. (Le réacteur Fukushima-Daiichi 1, qui vient d'exploser avait 40 ans et a été autorisé à continuer de fonction ner pour dix ans en février 2011 !).
Je suis en colère quand on nous dit que l'on ne peut se passer du nucléaire en France, parce que cette énergie fournit près de 80 % de notre électricité. C'est oublier que l'électricité n'est pas la principale source d'énergie (c'est le pétrole) et que le nucléaire ne représente que 17 % de notre énergie. Si l'on voulait s'arrêter, on pourrait s'appuyer sur une solidarité au niveau de l'Europe : là, le nucléaire ne représente que 35 % de l'électricité et seulement 9 % de l'énergie ! Il suffirait donc d'économiser 9 % pour s'en passer !
Je suis en colère parce qu'au nom de la défense de la croissance économique, les programmes énergétiques français ou européens, négligent toujours plus ou moins le potentiel des économies d'énergies, préférant la surconsommation, éventuellement alimentée par le recours aux énergies renouvelables. Or l'énergie la plus propre reste celle que l'on ne consomme pas. En adoptant les meilleures techniques disponibles et en évitant les comportements énergivores, nous pourrions diviser par 4 notre consommation en une vingtaine d'années.
Je suis en colère parce que les discours économiques nous polluent : on nous dit qu'arrêter un réacteur nucléaire, ce serait de l'argent gaspillé… mais les 1000 milliards d'euros déjà dépensé en 25 ans pour la gestion de la catastrophe de Tchernobyl (et c'est loin d'être terminé), ce n'est pas un gaspillage encore plus grand ? Mille milliards d'euros, c'est sensiblement le coût qu'il a fallut dépenser pour const ruire l'ensemble des 441 réacteurs actuellement en fonctionnement.
Je suis en colère parce que je sais que l'on peut arrêter relativement rapidement le programme nucléaire français, qu'il existe de multiples scénarios de sortie sur le sujet (de 2 à 30 ans selon les efforts qu'on veut bien consentir).
Je suis en colère quand j'entends mon gendre, 25 ans, ingénieur dans le photovoltaïque, me dire qu'il cherche un nouveau travail car la profession est sinistrée suite aux récentes décisions du gouvernement.
Je suis en colère quand mon fils, 20 ans, me dit : "à quoi ça sert de faire des études si dans cinq ans on a tous un cancer" (et il ne pense pas qu'au nucléaire, mais aussi à la pollution atmosphérique, aux pesticides…).
Alors j'agis, je me suis investi depuis une trentaine d'années dans les médias écologistes pour faire circuler une information moins déloyale et j'incite les journalistes et les lecteurs à prendre le temps d'eux aussi chercher où est la vérité. Comment peut-on encore minorer l'importance de la pollution radioactive au Japon alors que les images sur internet nous montrent les réacteurs en flamme ?
Alors j'agis et je m'engage dans l'une des 875 associations qui animent le Réseau Sortir du nucléaire pour demander à nos élus de faire pression pour un changement de politique dans le domaine de l'énergie. (www.sortirdunucleaire.org)
Alors j'agis au niveau local en rejoignant les nombreux groupes locaux qui travaillent à des plans de descente énergétique qui nous permettront de diminuer la menace nucléaire, mais aussi notre dépendance à un pétrole qui va être de plus en plus rare. (www.transitionfrance.fr)
Alors j'agis car aujourd'hui si le lobby nucléaire arrive à manipuler élus et médias, c'est parce que nous ne nous indignons pas assez !
Michel Bernard
Journaliste à la revue Silence
Je suis en colère quand j'entends à la radio, un haut responsable du nucléaire français nous dire qu'on ne peut remettre en cause le nucléaire : "personne n'a envie de revenir à la bougie". Que je sache, dans les pays européens qui n'ont pas de centrales nucléaires (Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Portugal…), y-en-t-il où l'on s'éclaire à la bougie ? Il n'y a que 441 réacteurs nucléaires dans le monde (dont 58 en France, 55 au Japon)… dans seulement 31 pays, tous les autres pays s'en passent.
Je suis en colère quand en 1979, après l'accident nucléaire de Three-Mile Island, on nous a dit que c'était parce que les Américains étaient moins forts que nous ; quand en 1986, après l'accident de Tchernobyl, on nous a dit que les Russes étaient moins fort que nous… et que je lis aujourd'hui que les Japonais sont moins forts que nous… De qui se moque-t-on ?
Je suis en colère quand on me dit que l'on peut continuer à exploiter encore des vieux réacteurs comme Fessenheim en Alsace (qui a trente ans) parce que "plus il est vieux, mieux on connait un réacteur". Ce n'est pas parce que vous connaissez bien les défauts de votre vieille voiture qu'elle tombe moins souvent en panne et moins gravement. (Le réacteur Fukushima-Daiichi 1, qui vient d'exploser avait 40 ans et a été autorisé à continuer de fonction ner pour dix ans en février 2011 !).
Je suis en colère quand on nous dit que l'on ne peut se passer du nucléaire en France, parce que cette énergie fournit près de 80 % de notre électricité. C'est oublier que l'électricité n'est pas la principale source d'énergie (c'est le pétrole) et que le nucléaire ne représente que 17 % de notre énergie. Si l'on voulait s'arrêter, on pourrait s'appuyer sur une solidarité au niveau de l'Europe : là, le nucléaire ne représente que 35 % de l'électricité et seulement 9 % de l'énergie ! Il suffirait donc d'économiser 9 % pour s'en passer !
Je suis en colère parce qu'au nom de la défense de la croissance économique, les programmes énergétiques français ou européens, négligent toujours plus ou moins le potentiel des économies d'énergies, préférant la surconsommation, éventuellement alimentée par le recours aux énergies renouvelables. Or l'énergie la plus propre reste celle que l'on ne consomme pas. En adoptant les meilleures techniques disponibles et en évitant les comportements énergivores, nous pourrions diviser par 4 notre consommation en une vingtaine d'années.
Je suis en colère parce que les discours économiques nous polluent : on nous dit qu'arrêter un réacteur nucléaire, ce serait de l'argent gaspillé… mais les 1000 milliards d'euros déjà dépensé en 25 ans pour la gestion de la catastrophe de Tchernobyl (et c'est loin d'être terminé), ce n'est pas un gaspillage encore plus grand ? Mille milliards d'euros, c'est sensiblement le coût qu'il a fallut dépenser pour const ruire l'ensemble des 441 réacteurs actuellement en fonctionnement.
Je suis en colère parce que je sais que l'on peut arrêter relativement rapidement le programme nucléaire français, qu'il existe de multiples scénarios de sortie sur le sujet (de 2 à 30 ans selon les efforts qu'on veut bien consentir).
Je suis en colère quand j'entends mon gendre, 25 ans, ingénieur dans le photovoltaïque, me dire qu'il cherche un nouveau travail car la profession est sinistrée suite aux récentes décisions du gouvernement.
Je suis en colère quand mon fils, 20 ans, me dit : "à quoi ça sert de faire des études si dans cinq ans on a tous un cancer" (et il ne pense pas qu'au nucléaire, mais aussi à la pollution atmosphérique, aux pesticides…).
Alors j'agis, je me suis investi depuis une trentaine d'années dans les médias écologistes pour faire circuler une information moins déloyale et j'incite les journalistes et les lecteurs à prendre le temps d'eux aussi chercher où est la vérité. Comment peut-on encore minorer l'importance de la pollution radioactive au Japon alors que les images sur internet nous montrent les réacteurs en flamme ?
Alors j'agis et je m'engage dans l'une des 875 associations qui animent le Réseau Sortir du nucléaire pour demander à nos élus de faire pression pour un changement de politique dans le domaine de l'énergie. (www.sortirdunucleaire.org)
Alors j'agis au niveau local en rejoignant les nombreux groupes locaux qui travaillent à des plans de descente énergétique qui nous permettront de diminuer la menace nucléaire, mais aussi notre dépendance à un pétrole qui va être de plus en plus rare. (www.transitionfrance.fr)
Alors j'agis car aujourd'hui si le lobby nucléaire arrive à manipuler élus et médias, c'est parce que nous ne nous indignons pas assez !
Michel Bernard
Journaliste à la revue Silence
dimanche 6 mars 2011
jeudi 11 novembre 2010
Notre-Dame-des-Landes, toujours de la propagande…
Les lecteurs d’Ouest France et tous les autres habitants du département ont reçu la semaine écoulée dans leur boîte aux lettres le magazine du conseil général en faveur de l’aéroport du Grand Ouest. Cette propagande comporte nombre d’approximations et de mensonges.
Le titre « un engagement pour l’avenir » est contredit dès les premières lignes de la page 14 où l’on nous parle d’un vieux projet « porté depuis 40 ans par les collectivités locales ». Si un projet des années 1960 avait eu un véritable intérêt, il y a longtemps qu’il aurait été fait.
Le deuxième argument (p.14) évoque la saturation à 4 millions de passagers de l’actuel aéroport. Ceci n’a pas de sens, un aéroport ne sature pas en fonction d’un nombre de passagers mais en fonction du nombre de mouvements d’avion qui est resté stable ces dernières années.
Les propos de la p.17 sont contradictoires et exagérés. On évoque les lignes internationales de Nantes atlantique. Premièrement elles ne le sont pas vraiment, elles sont seulement méditerranéennes (Grèce, Tunisie, Maroc et… Corse). On veut nous faire croire que cela va faire venir des touristes dans l’Ouest donc de l’activité économique. C’est tout le contraire, ce sont des destinations vers les clubs de vacances qui font que les touristes de l’ouest vont chercher ailleurs le soleil et dépenser leurs économies.
Mais l’argument le plus invraisemblable est à la page 21, c’est celui d’un avocat nantais qui dit « On n’ira pas en Asie en bicyclette ». Il ne faut pas rêver, il n’y aura jamais de lignes aériennes Nantes-Shanghai ou Nantes-Tokyo. Pour aller en Asie même avec Notre-dame-des-Landes, il faudra toujours passer par Paris. Preuve en est la fermeture de la ligne Lyon New York qui a tenu un an de juillet 2008 à août 2009 faute de clients nord américains voulant se rendre dans la capitale des Gaules…
mardi 2 novembre 2010
L'économie après la mondialisation heureuse
source :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/10/29/l-economie-apres-la-mondialisation-heureuse_1432926_3232.html
Stéphane Madaule, essayiste, maître de conférences à Sciences Po Paris
Comment expliquer la crise du système capitaliste et l'impossibilité présente des Etats ou du G20 à reprendre la situation en main ? Depuis 1980, la conjoncture internationale, à mesure qu'elle se globalise, semble devenir de plus en plus insaisissable. Pratiquement aucun économiste n'avait prévu la dépression de l'été 2008 ou n'est simplement en mesure de prédire la conjoncture à moins de trois mois.
En fait, cette propagation rapide de la crise financière à la sphère économique n'est-elle pas due au processus de globalisation lui-même ? L'interdépendance recherchée et souhaitée entre la finance et l'ensemble de l'économie mondiale est aujourd'hui effective. En période de croissance forte, cette interdépendance est potentiellement porteuse de profits. Sans régulation, les inconvénients de ce modèle sont néanmoins nombreux : explosion des inégalités, consommation rapide des ressources naturelles, écart grandissant entre zones de production et zones de consommation aboutissant à une économie de flux.
Or, aujourd'hui, les marchés auxquels nous avons confié notre avenir ne semblent plus en capacité d'assurer un bien-être collectif. La mondialisation "heureuse" n'existe plus. Elle n'est plus au bénéfice de tous mais seulement de quelques-uns. Sait-on que le commerce intra-firme représente, selon les experts, de un tiers à la moitié du commerce mondial aboutissant à produire à bas coûts ce que l'on peut vendre avec des marges élevées dans les pays développés ? La globalisation favorise l'expansion de certaines zones économiques - les pays émergents - au détriment de l'activité dans les pays développés et, dans une large partie, du monde en développement.
Les grands opérateurs internationaux - firmes multinationales, spéculateurs et financiers - profitent de ce système, de cette distanciation entre zones de production et zones de consommation. Ils ont avantage à acheter à bas coûts dans les pays émergents et à vendre à prix élevés dans les pays développés. Une économie de flux s'est mise en place où chaque opérateur entend prélever sa dîme.
Mais alors, comment réagir dans une telle conjoncture ? Comment retrouver un équilibre dans la répartition des richesses produites ? Est-il possible de réguler à nouveau l'économie mondiale en la mettant au service du développement humain de tous ? Tout retour en arrière est-il définitivement impossible ? Face à la crise de l'été 2008, les Etats ont tenté courageusement d'intervenir - stabilisation de la crise par la dépense publique - et les G20 de Washington et de Londres ont proposé de fixer de nouvelles règles - liste noire des paradis fiscaux, gouvernance des marchés financiers, dotation supplémentaire pour le Fonds monétaire international et la Banque mondiale pour aider les pays en difficulté.
Toutefois, ces tentatives de reprise en main semblent avoir fait long feu. Les déficits des Etats se sont creusés et les marchés n'ont pas tardé à "doucher" cet interventionnisme jugé excessif et laxiste dont ils avaient été les premiers bénéficiaires. Via la dette souveraine qu'ils financent, les marchés imposent à nouveau la rigueur de peur de voir leurs créances souveraines se dévaloriser. Via le dogme intangible de la liberté pleine et entière du commerce international, ils bloquent toute velléité de régulation globale, immédiatement assimilée à du protectionnisme - la bête immonde - qui risquerait de limiter les flux. La main invisible doit rester insaisissable.
Pour redonner un minimum de perspective aux générations futures, il faudrait s'accorder sur la mise en place d'un autre système économique, social et écologique où l'homme reprenne en main les manettes de son avenir, où la puissance publique ait à nouveau le droit d'intervenir en matière économique face au diktat des opérateurs économiques. Il faudrait surtout que les Etats, un à un, ou pris collectivement dans le cadre du G20, aient le courage de fixer de nouvelles règles économiques en se donnant les moyens de les faire respecter. Il faudrait enfin que les zones de production se relocalisent en partie à proximité des bassins de populations afin que l'économie se mette à nouveau au service de la satisfaction des besoins locaux.
Le pilotage automatique de l'économie mondiale par les marchés n'est plus la solution, nous le savons. Il nous a conduits collectivement dans le mur. La loi des avantages comparatifs imaginée par l'économiste anglais David Ricardo (1772-1823) - tous les pays peuvent tirer avantage d'un commerce international ouvert - s'efface en faveur de la loi des avantages absolus qui privatise l'accumulation de richesses au profit des plus forts. Ne laissons pas de funestes augures nous faire croire qu'il conviendrait d'en faire encore un peu plus en matière de libéralisation. Cessons d'être dogmatiques et ayons le courage de regarder la réalité en face.
Les démocraties doivent à nouveau faire entendre leurs voix en se donnant les moyens de saisir effectivement la main invisible du marché qui nous gouverne actuellement. Telle devrait être, en 2011, l'ambition de la présidence française du G20.
Stéphane Madaule, essayiste, maître de conférences à Sciences Po Paris
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